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Le départ en kart : lancé en X30, arrêté en KZ

Une manche de kart ne dure souvent qu'une dizaine de minutes, et beaucoup se jouent dans les 200 premiers mètres. Départ lancé ou arrêté, voici les gestes qui comptent, en gardant en tête une règle : la procédure exacte, c'est celle du briefing.

Mis à jour le 8 octobre 2026

Deux départs, deux logiques

Les karts sans boîte à embrayage centrifuge (X30, Rotax) partent en général en départ lancé : le peloton roule au ralenti en deux files, et le départ est donné en mouvement. Les KZ, avec leur boîte et leur embrayage à main, partent en général arrêtés, chaque kart dans sa case sur la grille, comme en voiture. Les deux exercices n'ont presque rien en commun, sauf le premier virage.

Ce qui suit décrit les principes généraux. La procédure exacte (nombre de tours de formation, signal de départ, couloir, ce qui est sanctionné et comment) est fixée par le règlement de l'épreuve et rappelée au briefing des pilotes. Elle change d'un championnat et d'un circuit à l'autre. Le briefing est obligatoire en compétition : ne le manquez jamais, et posez vos questions à ce moment-là.

Le départ lancé en X30 et en Rotax

Après la pré-grille, le peloton part pour un ou plusieurs tours de formation à vitesse réduite, aligné deux par deux derrière le poleman. À l'approche de la ligne, il entre dans un couloir tracé au sol, qui resserre les files. Le départ est donné par un signal lumineux (le plus souvent l'extinction des feux rouges) ou par le drapeau, selon l'épreuve. Si l'alignement est mauvais, le directeur de course peut refuser le départ et faire faire un tour de plus.

Départ lancé vu de dessus : deux files de karts, les premières lignes serrées dans le couloir avant la ligne de départ, les dernières lignes plus espacées à cause de l'effet accordéon Feux Ligne Couloir : chacun dans sa file Accordéon écarts plus grands derrière Sens de la course
  • Karts alignés deux par deux, le poleman en tête de la file du haut
  • Feux de départ
Les premières lignes sont serrées dans le couloir, les dernières sont encore en train de recoller. Le couloir, ses limites et la sanction en cas de sortie sont précisés au briefing de chaque épreuve.

Tenir sa place et sa file

Pendant le tour de formation, on reste collé à son voisin de devant et aligné avec celui d'à côté. Un trou devant vous, c'est une place offerte à celui qui est derrière. Dans le couloir, on ne change pas de file et on ne dépasse pas avant que le départ soit donné. Les sanctions dépendent du règlement : à titre d'exemple, le briefing des championnats internationaux CIK prévoyait en 2024 une pénalité de 3 secondes pour une sortie partielle du couloir et de 5 secondes pour une sortie complète.

L'accordéon

Le peloton ne roule jamais comme un bloc. Quand les premiers accélèrent, ceux de derrière roulent encore lentement, puis arrivent lancés quand l'avant freine pour le premier virage. Plus vous êtes loin, plus l'effet est fort. Deux conséquences : en fond de grille, anticipez le moment où l'avant va accélérer, et gardez de la marge au premier freinage, parce que ceux de devant freineront plus tôt que vous ne le pensez. Dans les épreuves qui pénalisent un carénage avant déplacé, un petit accrochage au départ peut aussi coûter des secondes à l'arrivée.

Quand accélérer

Le départ se joue sur l'anticipation, pas sur le réflexe. Regardez les feux, pas vos voisins, et soyez prêt quelques secondes avant : le poleman donne le rythme, et la lumière s'éteint en général quand le peloton est aligné à l'approche de la ligne. Accélérer trop tôt, c'est risquer une sanction pour faux départ ou une sortie de couloir. Trop tard, c'est se faire avaler par la file d'à côté.

En X30 ou en Rotax, l'autre ennemi est le régime. À l'allure lente du tour de formation, le moteur tourne bas et reprend mal. Beaucoup de pilotes gardent un peu de frein en accélérant légèrement, pour garder le moteur en charge et dans les tours au moment du signal. Le geste se travaille à l'entraînement, et il doit rester compatible avec l'allure imposée : on ne ralentit pas la file pour se faire un élan.

Le départ arrêté en KZ

En KZ, le départ se donne à l'arrêt. Après le tour de formation, chaque pilote s'arrête dans sa case, en quinconce deux par deux, moteur en marche. Les feux rouges s'allument, puis s'éteignent : c'est le départ. Tout mouvement du kart pendant que les feux sont allumés est en principe un faux départ, sanctionné. Un pilote qui cale ou ne peut pas partir lève le bras et suit les instructions du briefing.

  1. Arriver dans la case

    On s'arrête droit, bien centré, sans dépasser les marques. Selon les habitudes et l'état de l'embrayage, la première est engagée embrayage tiré, ou au dernier moment depuis le point mort.

  2. Tenir le régime

    Quand les feux s'allument, on monte le moteur dans sa plage de couple et on l'y tient, sans le laisser hurler. Trop bas, il s'étouffe au lâcher d'embrayage. Trop haut, les roues arrière patinent.

  3. Lâcher l'embrayage au signal

    À l'extinction des feux, on relâche le levier progressivement mais vite : un court patinage de l'embrayage, puis on le lâche complètement. Le kart doit partir droit, sans à-coup.

  4. Passer la 2e tôt

    Le premier rapport est très court. On monte en 2e rapidement, kart droit, avant de penser au placement pour le premier virage.

Vitesse du kart dans les premières secondes d'un départ arrêté : le bon dosage accélère tout de suite, trop de patinage fait perdre du temps au début, un moteur étouffé reste presque immobile avant de repartir Vitesse du kart Feux éteints Temps bon dosage trop de patinage moteur étouffé
  • Régime tenu dans la plage, embrayage dosé
  • Régime trop haut : les roues patinent
  • Régime trop bas ou embrayage lâché d'un coup : le moteur s'écroule
Courbes de principe, sans échelle. L'écart pris dans la première seconde ne se rattrape pas avant le premier virage : il se compte en mètres, donc en places.

L'embrayage d'un KZ chauffe et s'use à chaque départ. Multiplier les départs d'essai dans le paddock ou laisser patiner longtemps, c'est arriver à la course avec un embrayage fatigué qui patine tout seul. Entraînez-vous aux départs uniquement là où c'est autorisé, par exemple quand l'organisation prévoit une simulation de départ à la fin d'une séance.

Le premier virage

Lancé ou arrêté, le premier virage est l'endroit le plus dangereux de la course. Tout le monde arrive en même temps, à des vitesses différentes, avec des pneus parfois encore froids. L'objectif n'est pas de gagner trois places : c'est d'en sortir avec un kart intact et le moins de places perdues possible.

  • Freinez un peu plus tôt qu'en qualification. Ceux de devant le feront, et vous ne pouvez pas compter sur leur ligne habituelle.
  • Protégez vos roues avant. En kart, une roue qui monte sur celle d'un autre kart peut faire décoller l'un des deux. Évitez de rester à hauteur, roue dans roue, au freinage.
  • L'intérieur protège, l'extérieur expose. À l'intérieur, on a une ligne serrée mais on est à l'abri. À l'extérieur, on peut gagner sur la sortie, mais on est à la merci du moindre kart qui s'élargit.
  • Pensez au deuxième virage. Celui qui a pris l'extérieur du premier se retrouve souvent à l'intérieur du suivant.

Les techniques de dépassement et de défense sont détaillées sur la page dépasser et se défendre. Pour une première course, la priorité est de finir chaque manche : les points et l'expérience viennent avec.

S'entraîner au départ

  • Au simulateur. Les départs lancés et arrêtés se répètent à volonté, avec des feux et un peloton. Idéal pour le timing et l'anticipation.
  • En roulage. En fin de séance, quand c'est permis et sans gêner personne, travaillez la remise des gaz depuis une allure lente, le moteur bas dans les tours.
  • À la vidéo. Une caméra embarquée montre si vous avez accéléré en retard par rapport à vos voisins, et de combien.

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